C’était un soir, chez nos amis Emmanuelle et Alain que nous avons parlé pour la première fois de ce projet un peu fou : refaire par petits bouts, années après années, à pied, les 1 800 kilomètres entre Canterbury et Rome, une sorte de « Compostelle du Nord ».

Les motivations étaient différentes, entre nos deux couples. Religieuses et spirituelles pour nos amis, plutôt marche et découverte pour entretenir le corps et l’esprit de notre côté.

Le long du GR 145

Qu’importe, je ne vous raconterai pas ici les jours de marche, en plusieurs années successives, rassurez-vous, mais plutôt nos belles sensations, entre Amettes et Rebreuve-Ranchicourt, le long du GR 145. 

De jolis gîtes d’étapes en chambres d’hôtes qui nous donnaient envie de tout, sauf de repartir. Nous avons découvert des paysages inattendus, des patrimoines rares.

Mes plus belles photos sont sans doute celles des collines de l’Artois, des chemins verts et vallonnés, des vues à mille lieux. Un joli contrefort, propice aux grimpettes et aux pique-niques ombragés et réparateurs.

Des églises et de l’art roman

Pour ma part, passionné d’églises et d’art roman, j’ai enfin pu découvrir, étapes cachées après petits détours, les pierres anciennes et patinées de ces églises, à Mazinghem, Guarbecque ou Lillers.

Ces traces romanes sont rares ici, sans doute peu de pierres ont-elles résisté aux artilleries de la Grande Guerre. Ces vestiges n’en sont que plus émouvants.

Mais le plus admirable, ce sont, sans nul doute, ces petits détours, ces chemins cachés, trouvés tout autour du GR. Des passionnés de randonnées et balades ont visiblement écumé leur pays, pour proposer mille chemins et raccourcis au GR initial pour se perdre et explorer…

Faites comme nous, n’hésitez pas à sortir du chemin officiel pour des explorations curieuses et souvent magiques.

Du ressourcement naturellement

De clochers en paysages, de la Maison de Saint-Benoît Labre aux chapelles et légendes, ce fut aussi le temps de la méditation dans laquelle nos amis nous ont guidés. Parfois sceptiques, j’avoue humblement que nous avons vécu ensemble et chacun pour soi, des moments d’introspection silencieuse, guidés sans doute par les pas des pèlerins qui nous ont précédés, depuis des siècles, dans le silence du vert de l’Artois.

Et pour enrichir le corps autant que nous avons nourri nos âmes, les petits villages, les belles rencontres, les patrimoines de toutes sortes et les belles choses à manger, goûter, boire, ont été des tentations permanentes.

Comme pour les sirènes d’Ulysse, nous avons dû, tous les quatre, nous concentrer sur notre marche lente et régulière pour ne pas trop souvent céder à la tentation d’une étape non prévue.

Après Rebreuve-Ranchicourt, nous avons quitté le pays de Béthune-Bruay, toujours le long de notre Via Francigena, pour d’autres rencontres et d’autres pierres, mais ces étapes furent marquantes et riches. Un peu de nous y est certainement resté...

Téléchargez le tracé GPX de la Via Francigena ici (de Blessy à Mont Saint-Éloi)

Bon à savoir

Au même titre que le chemin de Compostelle ou la route qui mène au Mont Saint Michel, la Via Francigena est un ancien itinéraire de pèlerinage transeuropéen. Celui-ci part de Canterbury en Angleterre pour cheminer jusqu’à la ville Eternelle, Rome. Une certitude, c’est le meilleur moyen de découvrir autrement les paysages et le patrimoine de la région.